28
Juin

Par: CED63

2028 CEC Culture

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QU’EST-CE QUE C’EST ?

Le programme des Capitales Européennes de la Culture (CEC) est une initiative créée par l’Union européenne pour célébrer la richesse et la diversité de ses territoires et de ses citoyen.ne.s.

61 ont été désignées depuis 1985, année où le programme a été lancé. La France, pour sa part, a déjà obtenu 4 fois le titre :

  • en 1989 à Paris,

  • en 2000 à Avignon,

  • en 2004 à Lille

  • en 2013 à Marseille-Provence.

Pour l’édition 2022, les villes de Kaunas au centre de la Lituanie, Esch-sur-Alzette deuxième ville du Luxembourg et Novi Sad en Serbie surnommée “l’Athènes serbe”, sont les 3 lauréates et succèdent ainsi à Galway en Irlande et à Rijeka en Croatie. En pleine période de crise sanitaire, la Commission européenne avait proposé de prolonger l’année de CEC à ces 2 dernières, lauréates de 2020, jusqu’à la fin du mois d’avril 2021. Mais les mesures de confinement et de distanciation sociale ayant particulièrement touché le secteur culturel, les villes avaient été contraintes de reporter ou réorganiser un certain nombre d’événements, en les adaptant aux mesures sanitaires en vigueur, parfois en distanciel !

Ainsi, pour tenir compte du calendrier des prochaines villes lauréates, la Commission avait aussi proposé de reporter de 2021 à 2022 le titre de CEC de Novi Sad, et de 2021 à 2023 celui de Timisoara (Roumanie) et d’Elefsina (Grèce).

En 2019, c’était Plovdiv (Bulgarie) et Matera (Italie).

De nombreuses manifestations culturelles sont prévues tout au long de cette période pour célébrer l’événement, mais quel est l’impact pour le territoire local ?

RETOUR SUR LES ORIGINES ET LES RETOMBÉES DE CE LABEL NÉ EN 1985

A l’origine des CEC, on trouve la conviction, chez les responsables européens, que l’Europe s’est trop longtemps préoccupée de politique et d’économie, négligeant les échanges culturels entre ses citoyens.

L’initiative remontant à 1985 revient à l’actrice Melina Mercouri, alors Ministre grecque de la Culture. 2 ans plus tard, également sous l’impulsion du Français Jack Lang, Athènes devient la 1ère “ville européenne de la culture”. L’appellation est transformée en 1999 pour revêtir sa désignation actuelle, plus honorifique.

FINALITÉ : LE BUT ET LES OBJECTIFS DE CETTE INITIATIVE

Le but ultime serait que la ville choisie puisse clairement devenir la star du continent, attirer plus de touristes et faire vivre culturellement la ville comme jamais elle ne l’a fait auparavant. De façon plus officielle, et selon la Commission européenne, ce serait de “mettre en valeur la diversité de la richesse culturelle en Europe et les liens qui nous unissent en tant qu’Européens”. Il s’agit donc, pour les villes mises à l’honneur, de promouvoir leur patrimoine et leur dynamisme culturel à travers l’organisation d’expositions, de festivals ou encore de débats et d’autres événements, tout en bénéficiant d’une couverture médiatique non négligeable grâce à la labellisation européenne.

Si cette expérience européenne est une opportunité de développement et de rayonnement pour un territoire, sa mise en œuvre est également une aventure fédératrice pour les forces vives locales. Il s’agit d’une mise en mouvement qui mobilise tous les secteurs d’activité et tous les milieux, aussi bien culturel ou économique que social ou éducatif… et les citoyen.ne.s dans leur ensemble.

Les objectifs pour atteindre ce but sont donc multiples et bien définis :

  • mettre en valeur la richesse culturelle et patrimoniale (par exemple pour Clermont-Ferrand : la Chaîne des Puys devenue patrimoine mondial de l’UNESCO, le festival international du court-métrage, le festival de musique Europavox, etc)

  • favoriser la contribution de la culture au développement des villes

  • accroître le sentiment d’appartenance à un espace culturel commun

  • renforcer l’identité des villes européennes, tout en apportant un souffle nouveau sur le cadre de vie de ses habitant.e.s.

QUI DÉCIDE ET QUI PEUT VOTER POUR CELA ?

L’ordre des pays dont les villes peuvent prétendre à ce titre est déterminé à l’avance. Des règles précises assurent une rotation équitable entre les États membres.

Depuis 2009, au moins 2 villes se partagent le label contre une seule auparavant ; l’une est issue d’un des “anciens” États-membres et l’autre d’un pays entré plus récemment. Une 3ème lauréate peut venir s’ajouter, issue cette fois-ci d’un pays tiers, voire d’un pays candidat. C’est ainsi que Istanbul, en Turquie, a pu porter le titre en 2010 aux côtés de Pecs en Hongrie et Essen en Allemagne. L’ancienne capitale ottomane souhaitait profiter de la situation pour marquer son ancrage européen et sa modernité culturelle.

  • Une fois le pays désigné pour accueillir une capitale, il faut ensuite sélectionner les villes qui tiendront la tête d’affiche pour un an.
  • 4 ans avant l’échéance, le pays en question soumet aux institutions européennes une liste de villes pré-sélectionnées.
  • La Commission européenne réunit alors un jury d’experts chargé d’étudier chaque dossier et d’établir une recommandation.
  • Pour la CEC 2028 en France, le Ministère de la Culture a par ailleurs fait connaître en décembre 2021 les modalités du choix de la prochaine lauréate. Un jury composé de 12 membres doit pré-sélectionner plusieurs villes au premier semestre 2023. 10 de ces membres du jury sont désignés par le Parlement européen, le Conseil, la Commission et le Comité des régions et jusqu’à 2 sont désignés par le Ministère.
  • La décision finale revient au Conseil des ministres de l’UE qui tranche après avis du Parlement européen et est attendue pour la fin 2023.

LES FINANCEMENTS

Ce programme bénéficie à l’évidence de fonds européens via le volet Culture du programme “Europe Créative”, doté d’un budget global de 2,5 milliards d’Euros sur la période 2021-2027. Environ 33% du budget de ce programme sont dédiés à ce volet de la Culture.

Cependant, l’intérêt pour les villes désignées ne se résume pas uniquement à l’obtention de subventions européennes, d’ailleurs jugées insuffisantes par la plupart des organisateurs. Il semble se trouver principalement dans les retombées économiques et l’image de marque qu’elle octroie.

En effet, en 2004, la Commission s’était penchée sur ces motivations qui avaient poussé les 29 villes lauréates des 10 années précédentes à déposer leur candidature. Le constat était clair et unanime : “la plupart d’entre elles poursuivait de nombreux objectifs renvoyant souvent au besoin de développer le profil international de la ville et de sa région, de mettre en place un programme d’activités culturelles et d’événements artistiques, d’attirer des visiteurs et de renforcer la fierté des villes et l’image qu’elles ont-d’elles-mêmes”.

Le programme des capitales européennes de la culture a sans doute permis à de nombreux touristes européens de découvrir les richesses de villes du continent, certaines encore peu ou pas connues !

Mais le rapport livrait néanmoins des conclusions mitigées sur cette participation du label au renforcement de l’intégration européenne. Peu de villes semblaient attachées à la dimension européenne de l’événement et “les attentes de coopération entre villes partageant le titre n’ont pas été réalisées ou maintenues”, notait cette fois encore la Commission.

Cette dernière réalise désormais un rapport annuel d’évaluation sur l’organisation des événements par les villes lauréates. La dimension européenne semble alors prendre une place plus importante et devenir un critère incontournable dans la sélection.

ET CLERMONT-FERRAND LA-DEDANS ?

En 2028, la France accueillera pour la 5ème fois la Capitale Européenne de la Culture. Face à notre Ville, Amiens, Bastia, Bourges, Lens, Montpellier, Nice, Reims, Rouen et Saint-Denis se sont déclarées candidates.

La même année, une 2nde CEC sera désignée en Tchéquie.

Clermont-Ferrand a entamé un long processus pour concurrencer ces autres villes de France. En réalité, elle travaille sur son projet de candidature depuis 2015. D’ailleurs, c’était dans le programme de campagne du Maire Olivier Bianchi, élu en 2014.

Après avoir été portée directement par la Ville entre 2015 et 2021, depuis 2021, la candidature est portée par l’association Clermont-Ferrand – Massif Central 2028, présidée par Cécile Coulon, romancière, poétesse et essayiste. La création d’une association relève d’une volonté politique de faire de la candidature un programme partagé avec les publics, basé sur l’inclusion et la co-construction, au contraire d’un grand show artistique.

La mission de cette association relève donc de la contribution à une vie plus conviviale et épanouissante pour tous, de Clermont-Ferrand mais aussi plus largement à l’ensemble du Massif Central. Tout cela consiste à inventer un nouveau modèle de convergence durable d’acteurs locaux, de valorisation et de dialogue des territoires, pour une Europe épanouie. Enfin, l’ambition est bien entendu d’être élue Capitale Européenne de la Culture en 2028 et même de la dépasser en créant une adhésion citoyenne pérenne.

LE CALENDRIER ET LES PROCHAINES ÉTAPES

  • En 2015 ont donc eu lieu les états généraux de la culture. Cette grande concertation citoyenne a permis aux habitant.e.s de toutes générations de s’interroger, d’échanger, de chercher des solutions aux différentes problématiques culturelles qui se posent aujourd’hui au sein de notre Ville. Grâce aux nombreuses idées et aux propositions, la candidature au titre de Capitale Européenne de la Culture a commencé à prendre racine.
  • En 2016, la Ville de Clermont-Ferrand s’est dotée d’un projet culturel 2016-2026 sur la base de la concertation publique, et ce dans la perspective de la candidature au titre de CEC. En parallèle, Clermont Auvergne Métropole révise son projet culturel afin que les 2 collectivités déploient leur stratégie dans une complémentarité liées à leur compétences respectives.
  • En 2017 a été lancé le projet Effervescences, né avec l’ambition d’expérimenter dans la Métropole tout en fédérant les habitants et les acteurs locaux autour de la candidature. En octobre, le 1er acte marque donc la volonté de s’inscrire dans une démarche ouverte à toutes et tous et de s’approprier l’espace public grâce à l’art.
  • Le projet a ainsi été reconduit en 2018 pour une 2ème édition et en 2019 pour une 3ème édition.
  • En 2020 s’est mise en place une labellisation de projets avec une dynamique “En route vers la Capitale européenne de la Culture”. Ce déploiement permet d’associer des acteurs locaux au processus de candidature. Ainsi, ils travaillent au développement d’actions et de coopérations européennes, dans une vision commune, autour de valeurs et d’axes de réflexion parmi lesquels les générations futures, le bien vivre ou encore l’innovation.
  • 2021 était l’année d’écriture du dossier de candidature, et cela tombait plutôt bien puisque l’on se trouvait en pleine période de pandémie où le distanciel était omniprésent et de rigueur.
  • La remise des dossiers de candidature doit se faire le 1er décembre 2022.
  • Puis en fin d’année 2023, aura lieu la désignation de la ville lauréate avant de porter officiellement ce titre pour l’année 2028 si nous en sortons vainqueurs.

La candidature CEC s’incarne bien au-delà d’une programmation culturelle riche, c’est toute une dynamique du territoire. C’est pourquoi beaucoup d’actions du Centre Europe Direct sont réalisées en partenariat avec l’association Clermont-Ferrand Massif Central 2028.