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Fév

Au 1er février 2020, le Royaume Uni (RU) est devenu un pays tiers à l’Union. De ce fait, il n’a plus son mot à dire sur toutes les décisions européennes : qu’elles soient législatives, budgétaires ou politiques. Quels sont les changements majeurs et leur mise en place ?

Pour clôturer ces années de négociations ardues, les représentants des institutions européennes David Sassoli, Charles Michel et Ursula von der Leyen ont rédigé une lettre ouverte, « L’Europe à l’aube d’une ère nouvelle ». Ce discours a trouvé écho chez de nombreux citoyens européens, par son caractère émouvant et optimiste.

Voici un lien direct vers celui-ci :

Lettre ouverte des Présidents européens

« L’Europe à l’aube d’une ère nouvelle » – lettre ouverte des présidents David Sassoli ,Charles Michel, et Ursula von der Leyen

« Lorsque viendra la nuit ce soir, le soleil se couchera sur plus de 45 années d’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne. Pour nous, les présidents des trois principales institutions de l’UE, comme pour tant d’autres personnes, cette journée sera inévitablement empreinte de réflexion et d’émotions mélangées.

Nos pensées vont à tous ceux qui ont contribué à faire de l’Union européenne ce qu’elle est aujourd’hui. À ceux qui s’inquiètent pour leur avenir ou qui se désolent de voir le Royaume-Uni quitter l’Union. Aux membres britanniques de nos institutions qui ont contribué à définir des politiques qui ont amélioré la vie de millions d’Européens. Nous penserons au Royaume-Uni et à ses citoyens, à leur créativité, à leur ingéniosité, à leur culture et à leurs traditions, qui ont constitué une pièce essentielle de la mosaïque qu’est notre Union.

Ces émotions témoignent de l’affection que nous éprouvons pour le Royaume-Uni, un sentiment qui va bien au-delà de l’appartenance à notre Union. Nous avons toujours profondément regretté la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union, mais nous l’avons aussi toujours pleinement respectée. L’accord auquel nous sommes parvenus est équitable pour les deux parties et garantit que des millions de citoyens de l’UE et du Royaume-Uni continueront de voir leurs droits protégés là où ils ont décidé de vivre.

Dans le même temps, nous devons nous projeter vers l’avenir et établir un nouveau partenariat entre amis de longue date. Ensemble, nos trois institutions feront tout ce qui est en leur pouvoir pour que ce partenariat soit une réussite. Nous sommes prêts à faire preuve d’ambition.

Le degré de proximité de ce partenariat dépendra de décisions à venir. Parce que chaque choix emporte des conséquences. La libre circulation des capitaux, des marchandises et des services est indissociable de la libre circulation des personnes. À défaut de conditions équitables dans les domaines de l’environnement, du travail, de la fiscalité et des aides d’État, il ne saurait y avoir de large accès au marché unique. On ne peut pas conserver les avantages attachés au statut de membre lorsque l’on n’a plus cette qualité.

Au cours des semaines, des mois et des années à venir, nous devrons desserrer certains des liens que l’UE et le Royaume-Uni ont minutieusement tissés ensemble pendant cinq décennies. Dans cette tâche, nous ne devrons pas ménager nos efforts pour tracer une nouvelle voie en alliés, en partenaires et en amis.

Bien que n’étant plus membre de l’UE, le Royaume-Uni continuera à faire partie de l’Europe. Notre géographie et notre histoire communes, ainsi que les liens noués dans tellement de domaines, nous unissent de manière indéfectible et font de nous des alliés naturels. Animés d’un dessein commun et partageant des intérêts mutuels, nous continuerons à collaborer en matière d’affaires étrangères, de sécurité et de défense. Nous le ferons toutefois sous des formes différentes.

Nous ne sous-estimons pas la tâche qui nous attend, mais nous sommes convaincus qu’avec de la bonne volonté et de la détermination, nous pourrons établir un partenariat durable, positif et constructif.

Cependant, demain, sera aussi l’aube d’une ère nouvelle pour l’Europe.

Ces dernières années nous ont rapprochés, en tant que nations, en tant qu’institutions et en tant que citoyens. Elles nous ont rappelé à tous que l’Union européenne ne se résume pas à un marché ou à une puissance économique, mais qu’elle incarne des valeurs que nous partageons et défendons tous. Elles nous ont rappelé à quel point nous sommes plus forts lorsque nous nous unissons.

C’est la raison pour laquelle les États membres de l’Union européenne continueront à conjuguer leurs forces et à édifier un avenir commun. À une époque caractérisée par la concurrence entre grandes puissances et par les turbulences géopolitiques, la taille est un facteur non négligeable. Aucun pays ne peut, à lui seul, contenir la progression du changement climatique, trouver des solutions à l’avenir numérique ou faire entendre sa voix dans la cacophonie croissante qui règne en ce monde.

Mais si nous nous rassemblons, l’Union européenne en sera capable.

Nous en serons capables parce que nous possédons le plus grand marché intérieur au monde. Nous en serons capables parce que nous sommes le premier partenaire commercial de 80 pays. Nous en serons capables parce que nous formons une Union de démocraties dynamiques. Nous en serons capables parce que nos peuples sont déterminés à promouvoir les intérêts et les valeurs de l’Europe sur la scène mondiale. Nous en serons capables parce que les États membres de l’UE feront jouer leur puissance économique collective, qui est considérable, lors des discussions avec nos alliés et nos partenaires – les États-Unis, l’Afrique, la Chine ou l’Inde.

Tout cela suscite en nous un regain d’intérêt pour un objectif commun. Nous avons une vision commune de notre objectif et sommes déterminés à nous montrer ambitieux sur les questions cruciales de notre époque. Comme l’indique le pacte vert pour l’Europe, nous voulons être le premier continent neutre sur le plan climatique d’ici à 2050, créateur de nouveaux emplois et porteur de perspectives nouvelles pour les citoyens. Nous voulons être précurseurs dans la prochaine génération de technologies numériques et nous voulons une transition juste, afin de pouvoir venir en aide aux personnes les plus touchées par le changement.

Nous pensons que seule l’Union européenne est en mesure d’y parvenir. Mais nous savons que nous ne pouvons y parvenir qu’ensemble: les citoyens, les nations et les institutions. Et nous, les présidents des trois institutions, sommes résolus à assumer notre rôle.

Cette œuvre se poursuivra dès que le soleil se lèvera demain matin. »

© European Union 2020 - Source : EP

La période de transition 2020

Les nouvelles négociations entre le RU et l’UE sont aujourd’hui dirigées par le conseiller Europe de Boris Johnson, David Frost, car le ministère chargé du Brexit a été supprimé.

Le 1er février marque le début d’une nouvelle période de transition. Théoriquement, cette période s’achèvera le 31 décembre 2020. Cette année, les négociations sont donc encore de mise! Celles-ci concerneront des domaines particulièrement importants : le commerce, la défense, la sécurité, l’éducation… De fait, en attendant la fin de cette période de transition, de nombreuses politiques européennes restent efficientes sur le sol britannique, alors que le pays ne prendra plus part à l’élaboration de celles-ci.

A la fin de cette période, le RU n’aura donc plus à appliquer le droit européen sur son sol, et sera en théorie libre de fixer ses propres règles. Un accord de libre-échange entre le RU et l’UE pourra sûrement voir le jour, mais avec des restrictions évidentes. Les engagements internationaux mis en place par l’UE restent applicables au RU jusqu’à la fin de la période de transition, et certains le seront même après.

Les institutions européennes

Sur les 73 eurodéputés britanniques au Parlement européen, seulement 27 sièges ont été réattribués, dont 5 à élus français. Au niveau de la Commission, le Brexit avait déjà eu lieu aux dernières élections, car le commissaire britannique n’avait pas été remplacé au premier décembre dernier.

En revanche, La Cour de justice de l’Union Européenne sera efficiente jusqu’à la fin de l’année 2020 concernant le Royaume Uni. Les deux juges britanniques ont cependant déjà quitté la juridiction. Au sein de la Cour des Comptes et de la banque Centrale, ou encore au sein du Conseil Economique et social Européen, le Comité européen des régions, le pays perd ses représentants de même que dans les institutions générales de l’Union.

Avant le Brexit

  • Non inscrits
  • ID
  • CRE
  • PPE
  • Renew Europe
  • Verts/ALE
  • S&D
  • GUE/NGL

Après le Brexit

  • Non inscrits
  • ID
  • CRE
  • PPE
  • Renew Europe
  • Verts/ALE
  • S&D
  • GUE/NGL

Les cinq nouveaux élus français sont attachés à différents partis politiques. Pour la République En Marche, ce sera Ilana Cicurel et Sandro Gozi qui représenteront le parti dans le groupe centriste Renew Europe. Pour les écologistes, ils ont obtenu un nouvel arrivant français, Claude Gruffat. Les sociaux-démocrates accueillent Nora Mebarek. Enfin, le parti Rassemblement national acquiert lui aussi un nouvel élu, Jean-Lin Lacapelle.

le contrôle des frontières et la politique migratoire

Le RU n’ayant jamais été membre de l’espace Schengen, sa frontière avec le reste de l’Union a toujours pu faire l’objet de contrôles. Une exception persiste : les citoyens européens et britanniques n’ont qu’à montrer leur pièce d’identité pour rentrer sur le territoire. Cela pourra changer à la fin de la période de transition, en 2021.

Erasmus+ et autres programmes européens

Les programmes européens restent à la portée des britanniques durant la période de transition qu’est 2020. En revanche, à la fin de celle-ci, si le Royaume Uni tient à continuer à participer à ces programmes, des accords bilatéraux devront avoir lieu entre L’UE et le pays sortant.